jeudi 3 septembre 2026

L’Hôpital, le patient et le pistolet : Réflexion sur le service rendu au patient

 

J’ai eu la chance de bénéficier à plusieurs reprises des services d’urgence d’un hôpital public. Chance parce qu’en définitive l’inquiétude qui justifiait mon admission ou celle de mes procjes était justifiée soit par un accident soit par une maladie et qu’au sens médical les soins médicaux et paramédicaux étaient à la hauteur du besoin.

 

Bien-être ? Toutefois une réflexion m’est apparue pendant le temps où la chance me faisait tester la position horizontale sur un brancard aux urgences ou un lit en hospitalisation : Au-delà du service médical et paramédical rendu j’ai ce triste sentiment que personne ne s’intéresse vraiment au service non-médical rendu, au service de vie quotidienne, au bien-être.

 

Explication :

Il fut un temps où dans la dotation normale d’un lit d’hôpital, dans les salles communes, ou au pied des brancards, comportait un drap, une couverture et un « pistolet » pour les hommes ou un « bassin » pour les femmes, afin de leur permettre de se soulager seuls. Or un patient alité plusieurs heures a souvent un furieux besoin d’uriner. C’est physiologique. Plus encore passé un certain âge, ou s’il est sous médication hypotenseur ; l’hypotenseur agissant en premier par une diurèse accrue qui … élime l’eau par le moyen naturel le plus rapide !

Et là se pose la question du bien-être et du respect de l’intimité du patient :

 

Les dernières hospitalisations que j’ai vécu furent indignes de ce point de vue :

  • -          pas de pistolet
  • -          pas de drap ni de couverture (ok c’était la canicule mais je grelotais)
  • -          proposition d’une couche pour se soulager

Quelle indigence ! Ajouter à l’inquiétude de la douleur le mal-être de la perte de décence !

 

Il m’a fallu réclamer à 4 reprises cet objet portant nécessaire. 

  1. Le premier soignant (infirmière ?) ne voulait pas et m’a répondu qu’il n’y en avait plus.
  2. Le deuxième soignant (aide-soignante) m’a répondu de même. 
  3. Le troisième soignant (c’était un interne et on avait dépassé 4 heures allongé) m’a répondu qu’il allait se renseigner. 
  4. En définitive et alors que je n’avais presque plus de forces, le quatrième « soignant » m’en a apporté un, qui trônait sur la paillasse du lavabo de la salle publique où mon brancard était stationné…

Et j’ai dû me soulager sans intimité, sans drap… dans la joie et la bonne humeur.

 

Pourquoi cette réflexion au goût amère ? Simplement pour rappeler que les chartes des patients ne servent à rien !

  • -       Comment revendiquer un droit si l’on n’est pas en état de l’exprimer ? Le premier droit est celui à la dignité.
  • -       Comment rester digne si l’aide-soignant préfère vous laisser souiller les draps et vous mettre une couche, plutôt que de vous apporter un urinoir ou un bassin ?

Le patient ne s’appartient plus lorsqu’il entre dans un hôpital. Son bien-être est soumis aux aléas de la charge de travail des soignants (normal) et au bon-vouloir de ceux-ci pour respecter ou comprendre une demande simple et légitime.

 

Barrière de la langue ? Encore faut-il que l’aide-soignant comprenne ce que vous lui dites. Il existe de fait une réelle barrière lexicale entre le patient et l’aide-soignant. Leur recrutement est de telle qualité qu’ils ne comprennent pas toujours tous les mots des questions posées ou des demandes des patients, ce qui induit à répondre « non » en première intention, puis « je vais demander si j’ai le droit » lorsque vous insistez…

C’est à pleurer ! Mais c’est vécu ! Et j'ai souvent pensé qu'on se moquait de moi (ou de vous c'est selon).

L’Hôpital, le patient et le pistolet : Réflexion sur le service rendu au patient

  J’ai eu la chance de bénéficier à plusieurs reprises des services d’urgence d’un hôpital public. Chance parce qu’en définitive l’inquié...